Coordination Sociale des Marolles de Bruxelles

Le quartier

Quartier populaire

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Les Marolles sont ce qu’il est d’usage d’appeler un quartier populaire, aussi, il n’est pas étonnant de dénombrer en terme de catégorie sociale, un grand nombre d’ouvrier (47,3 % de la population) et d’employés (30,8 %).
Ces chiffres ne veulent toutefois pas dire que les gens sont actifs, dans le sens où ils bénéficient d’un emploi rémunéré. En effet, près de 50 % de la population n’a pas de revenus liés au travail et vit ou plutôt survit grâce à des « revenus de remplacement » dont le système allocatif.

Le quartier n’accueille pas d’industries, peu de PME. Le secteur tertiaire est largement présent mais les emplois y exercés le sont par des « étrangers » au quartier.

Population

En 2002, les Marolles comptaient 11.988 personnes déclarées aux registres de l’état civil. Toutefois ce nombre n’est pas le reflet de la réalité puisqu’il ne tient pas compte des « clandestins ». Il n’est donc pas faux d’affirmer que près de 14.000 personnes vivent dans les Marolles.

Sur les 11.988 habitants, 61% sont belges pour 39% issus de l’immigration. Ici aussi, le chiffre n’est pas révélateur d’une vraie situation. Ainsi, en 1997, le quartier comptait 53% de Belges pour 47% de personnes issues de l’immigration. Est-ce à dire qu’il y a moins d’habitants d’origine étrangère en 2002 ? Il serait mal venu d’affirmer cela. En effet les pourcentages connus pour 2002 ne permettent pas de répertorier le nombre de personnes qui sont naturalisées. Dès lors, il serait plus juste, si nous voulons quantifier les habitants en fonction de leur origine culturelle, d’évoquer le nombre de 50 % de Belges pour autant de personnes issues de l’immigration.

Les chiffres de 2002 en comparaison avec ceux de 1997 font également apparaître un rajeunissement de la population. Ce rajeunissement n’est pas dû à une augmentation du nombre de naissance mais bien à un accroissement du nombre d’habitants ayant entre 30 et 40 ans. Toutefois, les moins de 20 ans représentent un peu plus d’un quart de la population et parmi ce quart 80 % sont d’origine culturelle autre que belge.

Pour ce qui concerne les origines culturelles de la population, pas moins de 112 nationalités différentes sont représentées dans les Marolles. 12,32 % des habitants sont des ressortissants de l’Union Européenne. Parmi les 5 premières communautés (par le nombre) représentées, nous trouvons les Marocains (14 % de la population), les Espagnols, les Français, les Italiens et les Congolais.

La répartition homme, femme est, en 2002, de 53% pour les premiers et 47 % pour les secondes.

Les études démographiques révèlent encore que la taille des ménages est de :

– 32% d’isolés
– 8% de 2 personnes
– 10 % de 3 à 6 personnes

Cela signifie donc que plus de 50 % des ménages comptent plus de 6 personnes, le nombre maximum étant de 18.

Le logement

Sur les 4.325 logements que compte les Marolles 89% sont mis en location. Parmi ce nombre de logements 1.719 (40% du parc immobilier) appartiennent à des sociétés de logements sociaux.
Notons que les diverses politiques de rénovation du bâti, menées depuis la mise en place de l’Opération Pilote de Rénovation de la Marolle (OPRM) en 1974, ont apporté une nouvelle offre de logement qui a engendré l’arrivée des trentenaires qui justifie le rajeunissement de la population.

Si nous pouvons nous réjouir des résultats de l’OPRM, qui ont abouti au maintien d’une population à faibles revenus dans les Marolles, nous devons être inquiets face à la montée du prix de l’immobilier dans les Marolles et des coûts locatifs notamment dans le secteur privé. Il nous faut insister sur l’intérêt pour le quartier et même pour la ville, de maintenir une mixité de population dans tous les sens du terme et dès lors d’offrir un parc locatif accessible au plus grand nombre.

Les services

Pour venir en aide à la population présente dans les Marolles, pas moins d’une centaine de services sont offerts comme : écoles de devoirs, maisons médicales, maisons de jeunes, restaurants sociaux, vestiaires, lieux d’hébergement et d’accueil, cours d’alphabétisation, …

Plus de cent peut paraître un grand nombre et pourtant les attentes notamment en matière de recouvrement de l’autonomie sont fortes. Ces attentes ne peuvent être rencontrées que par un travail d’éducation permanente portant notamment sur l’édification d’un nouveau vivre ensemble sorte de cocktail culturel où les « saveurs » de chacun trouveraient leur place sans effacer l’autre pour donner une nouvelle unité définissant – pourquoi pas ? – le Marollien Nouveau.

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